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AP B atome crochu

 

Pouvons-nous parler de l’avenir de l’énergie nucléaire sans basculer dans le parti du « pour » ou du « contre » ? Comment envisager le devenir des centrales nucléaires et du paysage après leur démantèlement futur ? Des questions sont soulevées ici et là par bon nombre de citoyens mais aussi par des artistes !
Expositions, spectacle et Causerie présentent des pistes de réflexion sur ce thème. N’hésitez pas à venir les découvrir.

 

tihange, esquisse pour un shelter studio

espace saint-mengold et centre culturel

 

Le collectif La Conscience du paysage.be regroupe 30 artistes plasticiens développant des projets sur la culture du nucléaire. Par la peinture, la gravure, la photographie, la sculpture ou encore l’installation, ils alimenteront tous azimuts une réflexion sur le thème de la centrale nucléaire de Tihange.
À l’initiative de cette exposition, Cécile Massart travaille le sujet du nucléaire depuis plus de 20 ans. Après une résidence à Fukushima en 2015, elle a développé l’idée d’un « Shelter Studio » : un lieu matériel ou virtuel offrant au public et aux riverains des centrales l’opportunité de s’informer, de mieux connaître la culture du nucléaire et de trouver des réponses à leurs interrogations.
Les travaux des étudiants de la Faculté d'Architecture de l'ULB, La Cambre et Horta émailleront le dispositif de l'accrochage.

Lors d’ateliers menés en 2017 par des enseignants de la Faculté, les étudiants ont répondu à une question ouverte qui prend comme base de réflexion les préoccupations artistiques de Cécile Massart quant à la communication sur la culture du nucléaire et sa transmission/communication.

Les travaux présentés sont le résultat d'un quadrimestre d'ateliers menés conjointement entre des enseignants liés à la pratique de l'architecture du paysage, des enseignants scientifiques liés au paysage sous ses aspects écologiques et de l'agriculture urbaine, ainsi que par des artistes enseignants et praticiens.

L'exercice prétexte à l'élaboration d'une narration paysagère s'est appuyé sur l'hypothèse du démantèlement de la centrale nucléaire de Tihange, et plus largement à la question des futurs post-industriels dans la vallée mosane. Les étudiants ont donc répondu à cette question multiple par une analyse ciblée/inventive jusqu'à leurs projets originaux de paysage et d'architecture.

 

les ateliers du cwèrneû

centre culturel


Des créations émanant du Centre d’expression et de créativité « Les ateliers du Cwèrneû » seront présentées au Centre culturel. Les participants des ateliers
« Porcelaine / Terres blanches / Façonnage / Tournage » et « Dessin / Aquarelle » auront le plaisir de vous présenter leurs projets préparés spécialement pour l’évènement Atomes Crochus. L’occasion de mettre les techniques plastiques au service de la thématique des centrales nucléaires de manière personnelle et sensible.

 

Les deux expositions sont visibles
du samedi 19 janvier au dimanche 17 février.
Accessible de 14 à 18h les mercredis, les vendredis et les weekends.
Vernissage le samedi 19 janvier à 18h30 à l’Espace Saint-Mengold uniquement.
Visites scolaires gratuites, sur rendez-vous, du lundi 28 janvier au vendredi 1er février à 9h30 et 13h.

 

agenda

SAMEDI 19 janvier

Atelier-gouter familial de 16h30 à 17h30 au Centre culturel.

Vernissage et présentation du livre Archive du futur, pour une culture du nucléaire de Cécile Massart à 18h00 à l’Espace Saint-Mengold uniquement.

En présence de Daniel Vander Gucht, président des éditions de La Lettre volée et directeur de la Revue de l'Institut de sociologie de l'ULB.

 

MERCREDI 23 janvier

Spectacle L’Herbe de l’oubli à 20h30 au Centre culturel.
Un second vernissage aura lieu en présence des artistes des expositions Atomes crochus au Centre culturel en préambule et à la suite du spectacle.

 

JEUDI 24 janvier

Causerie : Vers un paysage dénucléarisé ? à 19h à l’Espace Saint-Mengold.

 

SAMEDI 9 février

Accueil et visite guidées proposée par des artistes entre 14 et 18h à l’Espace Saint-Mengold.

 

SAMEDI 16 février

Présentation des travaux des étudiants de la Faculté d'Architecture de l'ULB, la Cambre, Horta, de 15 à 17h à l'Espace Saint-Mengold.

 

 

Interview de Cécile Massart à l’occasion de l’exposition

TIHANGE, esquisse pour un shelter studio

Cécile Massart a développé des recherches plastiques par la création de gravures, sculptures et installations. À travers son parcours, elle s’est rapprochée de questions liés à la couleur et l’immatérialité. Un jour, ce fut le déclic et elle comprit que son travail esthétique se développerait autour du sujet du nucléaire. Cela fait maintenant plus de vingt ans qu’elle travaille sur ce thème. Suite à de nombreuses résidences sur des sites nucléarisés à travers le monde, des rencontres avec des scientifiques et la constitution d’un collectif d’artistes, elle propose une exposition à Huy, 

TIHANGE, esquisse pour un Shelter studio.

 

Suite à vos anciens travaux personnels et vos recherches sur l’immatérialité, vous avez abordé le pixel et la couleur, comment ce travail a t-il rejoint le domaine du nucléaire, comment est venue votre révélation ?

Les réalisations de 1982 à 1992 sous le titre de Pixel Story, ont été animées par l’intuition qu’une nouvelle image immatérielle entrait au sein du processus de création de l’image.

La radioactivité elle aussi immatérielle, l’identification des déchets à l’aide de palettes graphiques de couleurs découverte en 1992, le camouflage des sites de déchets radioactifs, les supports informatiques évoluant sans cesse, la fragilité de nos réseaux dans un temps long, le manque d’image pour véhiculer les informations, les questionnements sur le danger, tout cela a modifié mon travail artistique dans son ensemble jusqu’à la manière de le proposer.

Dès 1994, « Un site archivé pour alpha, bêta, gamma » titre donné à mon travail exprime l’urgence d’identifier, de rendre lisible dans le paysage les sites de déchets faiblement radioactifs, d’informer, de travailler au marquage des sites pour transmettre ce déchet si singulier.

En 2013 Laboratory est l’étude d’un mode de transmission de la mémoire des sites de déchets hautement radioactifs dans le paysage. En 2017, suite à un séjour à Fukushima, c’est le concept de Shelter studio, qui s’impose. Concept d’un lieu proche d’une centrale nucléaire où s’impliquent responsables politiques, culturels, industriels et riverains pour générer une réflexion collective permanente et durable.

 

Quels sont les domaines que traite votre exposition collective, sont-ils davantage esthétique, politique, citoyen ou autre ? 

En 2017 à Bruxelles, le collectif « La conscience du paysage.be » est né. Différentes formes d’art sont développées à propos du nucléaire et la politique, l’économie, l’industrie, l’éthique, l’esthétique, l’humour, la culture, thèmes évoqués ou bien ancrés dans notre monde d’aujourd’hui.

Les différentes œuvres tentent de créer du lien, émettent des doutes, des espoirs, des questions. Ce sont des dessins, photos, peintures, installations, vidéos présentent au sein d’un dispositif particulier dans sa forme. Le projet crée un contexte dans lequel les arts visuels jouent un rôle important dans l’investigation de l’esthétique nucléaire. Nous nous attaquons ainsi par le biais de l’art aux défis matériels et linguistiques de la transmission et de l’héritage des sites de déchets radioactifs.

 

Pourriez-vous nous parlez de vos rapports avec le corps scientifique du domaine nucléaire ?

Dès 2000, l’exposition « Site de Soulaines d’Huys » au Centre d’Art contemporain de Troyes, m’ouvre de nouveau champs d’investigation. C’est la rencontre avec l’Agence Nationale pour des Déchets Radioactifs en France (ANDRA). Nous développons ensemble un Pôle mémoire. C’est la possibilité d’émettre mes idées, de publier au sein de AEN OCDE, de travailler au projet du marquage du site de déchets radioactifs de la Manche dans le Cotentin. J’ai photographié et réalisé une vidéo et pris conscience de ce qu’est un site de déchets faiblement radioactifs. En 2000, c’est aussi l’exposition dans l’espace d’exposition de Electrabel à Antwerpen où des responsables de l’Office Nationale pour les Déchets Radioactifs et les matières Fissibles (ONDRAF/NIRAS) visitent mon exposition rejoints par plusieurs ingénieurs et chercheurs du Centre de recherche nucléaire de Mol (Sken-Cen). Grâce à eux, j’ai pu être informée et dialoguer en ma qualité d’artiste. A partir de cette date, les événements, voyages, reportages, expositions, publications vont me permettre d’exprimer une face négligée, la dimension éthique, culturelle et rompre les tabous. Créer une image à ces déchets radioactifs en les introduisant comme archives du XXI siècle nucléarisé et en essayant de rendre lisible ces sarcophages technologiques dans le paysage terrestre.

 

Quels sont vos perspectives pour ce travail ?

Dans le livre « Archives du futur – Pour une culture du nucléaire » paru dernièrement, on comprend qu’il faut aller beaucoup plus loin et travailler ensemble pour rendre plus normale notre relation au XXI nième siècle nucléarisé. Pour parler plus ouvertement des enjeux énergétiques, des déchets radioactifs, du nucléaire de demain ou pas, de notre vie d’Européens.

C’est pourquoi, le projet de création d’un Shelter studio pour Tihange serait l’enveloppe matérielle idéale, transparente où pourraient s’exprimer les idées pour demain. C’est le concept mis en exploration lors de l’exposition au Centre culturel de Huy : TIHANGE, Esquisse pour un Shelter studio.

 


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